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Ce que j’ai appris en foirant ma première société

failPour commencer, je tiens à préciser que je ne cautionne pas l’idée qui dit que le meilleur moyen d’apprendre est de faire des erreurs. Faire des erreurs permet d’apprendre, c’est certain. Apprendre à ne pas renouveler celles-ci. Mais faire des erreurs ne vous enseigne pas forcément ce que vous auriez dû faire pour réussir. Uniquement ce qu’il ne fallait PAS faire. Alors si vous le pouvez, apprenez plutôt de vos succès. Ou des échecs des autres !

2011.1 an après ma sortie d’école, et alors que je suis déjà en poste dans une start-up aux Philippines, 2 anciens collègues de promo me contactent. Cela fait plusieurs mois qu’ils planchent sur un projet de société, et cherchent un 3eme associé pour s’occuper de la partie web.

Le projet présenté me plaît. Constituer un réseau de commerçants sur Strasbourg, mutualiser leurs bases de clients, et offrir à ceux-ci une carte de fidélité leur permettant de profiter d’offres exclusives tout au long de l’année dans ce réseau. Et il est cohérent le site de bons plans sur lequel je planche en même temps. Je décide de me lancer et deviens actionnaire minoritaire dans la société.

L’aventure durera 2 ans ans, avant que nous déposions finalement les armes, et le bilan fin 2013.

Cet article n’a pas pour but de refaire l’histoire, mais bien de tirer les leçons de cette expérience, de partager avec vous mes erreurs et ce que j’en ai appris. Je précise que cet article est focalisé sur les leçons stratégiques « humaines », pas opérationnelles. Certains d’entre vous se reconnaîtront peut-être dans l’une ou l’autre de celles-ci :

  1. Ne pas multiplier les projets quand on ne peut pas tous les gérer
  2. Ne pas se lancer avec des personnes n’ayant pas les mêmes objectifs et moyens que vous
  3. Ne pas s’associer avec des profils non complémentaires
  4. Ne pas surestimer vos capacités. Ni les sous-estimer.

1. Ne pas multiplier les projets quand on ne peut pas tous les gérer. 

Comme mentionné au début de l’article, au moment où mes futurs associés me contactent en 2011 je travaille à plein temps dans la société qui m’a offert mon premier emploi, aux Philippines. Cela fait relativement peu de temps que je suis en poste, et une grosse partie de mon énergie est focalisée sur la réussite des projets qui me sont confiés, l’atteinte de mes objectifs, et ma croissance personnelle au sein de la boîte.

Ajoutez à cela une petite amie (ça joue de ne pas être célibataire quand vous êtes amené(e) à travailler des heures supplémentaires en dehors de votre journée déjà bien chargée) et un side project sur lequel je travaille depuis la fin de mon stage (le site de bons plans), et vous obtenez un agenda bien rempli.

Première erreur. Je suis rapidement débordé. Au delà des les difficultés rencontrées, inhérentes à la société en elle-même, je ne parviendrai jamais à m’engager à la hauteur de mon investissement financier et de mes parts dans celle-ci. Je suis actionnaire à hauteur de 20%, mais n’ai pas 20% de mon temps à consacrer à cette société. J’ai la tête à trop de choses. Je ne parviens pas à dégager certains de mes projets pour me focaliser sur celui-ci. Je veux tout faire à la fois pour avoir une chance de tout réussir, et au final, une grande partie finira par se planter.

Aujourd’hui encore j’ai plusieurs projets en cours en même temps, mais je sais désormais prioriser les tâches, j’ai appris à déléguer, et surtout, j’ai démissionné. Chacun des projets sur lesquels je m’engage désormais a toute mon attention, et n’est plus en concurrence avec mes objectifs en tant que salarié. Uniquement des projets que je suis capable de chiffrer en terme d’investissement nécessaire et de potentiel de croissance.

2. Ne pas se lancer avec des personnes n’ayant pas les mêmes objectifs et moyens que vous

C’est probablement mon erreur la plus sérieuse. Me lancer dans quelque chose qui représentait beaucoup plus pour mes associés que pour moi. Cela aurait dû dès le début m’inciter à ne pas accepter. L’écart d’énergie et de temps disponible était bien trop important. Alors que toute mon énergie était focalisée sur mon évolution personnelle au sein de ma boîte, celle de mes associés était focalisée sur la création de la structure qui devrait leur permettre de vivre.

J’en ai fait l’expérience plusieurs fois depuis, sur d’autres projets (moins importants), et parfois même dans des relations : si vous n’avez pas les mêmes objectifs que vos associés / partenaires, vous ne pouvez pas réussir ensemble !

Posez-vous la question. Si vous souhaitez monter une boîte à 50 / 50. Est-ce que chacun d’entre vous peut consacrer le même temps sur celle-ci ? Est-ce que votre associé(e) peut investir le même capital que vous ? Si vous souhaitez passer 6 mois par an à voyager, est-ce que votre partenaire est disponible 6 mois par an ? A-t-il (ou elle) les mêmes moyens financiers que vous ?

Si la réponse est non, reconsidérez la chose.

3. Ne pas s’associer avec des profils non complémentaires

Si les 2 points ci-dessus semblent coller, posez-vous alors la question suivante. Est-ce que la ou les personnes avec lesquelles vous êtes sur le point de vous lancer dans une aventure sont complémentaires ? Est-ce que travailler ensemble va vraiment vous rendre plus fort ?

Imaginez que votre projet implique de développer un site internet et son application mobile, démarcher au quotidien de nouveaux partenaires pour agrandir votre réseau et mener de front les opérations de promotion de votre produit, sans mentionner les inévitables tâches administratives inhérentes à la vie d’une entreprise. Comment vous organiseriez-vous ? Quels type de profil rechercheriez-vous chez vos associés ?

  • Un développeur pour prendre en charge toute la partie technique
  • Un commercial qui saura mieux que quiconque développer votre portefeuille de partenaires
  • Un spécialiste en marketing pour organiser l’ensemble des opérations de promotion de vos produits
  • Un comptable ou avocat pour prendre en charge tout l’aspect juridique et financier de votre société

Et vous auriez raison. A moins d’avoir quelques millions en poche vous permettant de monter votre société “seul” et de recruter les meilleurs profils du pays, vous associer avec des personnes disposant de ces compétences vous fera gagner à la fois du temps et de l’argent.

Je pense que vous dire à ce moment de l’article que ma 3ème erreur a été d’accepter de travailler avec des associés dont le profil n’était pas complémentaire au mien est inutile, vous l’avez déjà deviné.

Alors si vous êtes sur le point de vous lancer, et que vous réalisez en lisant ces lignes que peut-être vos associés et vous ne sont pas “plus forts ensemble », que malgré que vous soyez bons amis, vos compétences sont bien trop similaires (et pas forcément assez nombreuses) pour couvrir les axes clés de votre développement, n’ayez pas peur de faire une pause, prendre du recul et exprimer vos doutes.Il vaut mieux le faire en amont que de vous lancer tête baissée et réaliser plus tard, après avoir dépenser de l’argent inutilement et passé des heures à effectuer des tâches qui ne vous conviennent pas que vous, ou l’un de vos associés n’était pas la bonne personne pour ce projet…

4. Ne pas surestimer vos capacités. Ni les sous-estimer.

Et on finit avec avec une leçon toute simple : ne vous surestimer pas. Ne pas savoir, ou pouvoir tout faire n’est pas un drame. Personne ne peut tout faire. Les personnes les plus puissantes et ayant le plus de succès ont toutes une équipe autour d’elles pour les aider à atteindre leurs objectifs.

Cette 4ème erreur que j’ai faite a été de surestimer ma capacité à occuper un vrai rôle dans ce projet. Elle résume presque les 3 précédentes, de manière plus globale. J’ai surestimer ma capacité à pouvoir tout gérer. J’ai surestimer ma capacité à pouvoir m’investir autant que mes associés alors que j’avais moins de temps et d’énergie disponibles. Et enfin j’ai surestimer mes compétences techniques vis à vis des tâches qui étaient sous ma responsabilité.

J’ai également noté de ne pas vous sous-estimer. En effet, si surestimer ses capacités peut vous mener droit dans le mur, le fait de les sous-estimer peut lui vous amener à ne rien faire, ou à ne pas pousser à fond une idée qui mériterait d’être développée. C’est ce qui aurait pu m’arriver après ce fameux « voeu ». Sous estimer ma capacité à me prendre en main, à atteindre des objectifs en dehors d’une structure bien établie et d’une équipe, et finalement me dire que cet échec là avait suffit, qu’il valait mieux jouer la sécurité en poursuivant mon bout de chemin en tant qu’employé.

Mais même après un échec (aussi cuisant soit-il), la meilleure façon de vous reprendre est de vous relancer dans quelque chose d’autre. En ayant au préalable noté et retenu les leçons de vos erreurs précédentes. Une fois celles-ci bien éclaircies, listez vos forces. Et faites vous confiance !

Bonus : une vidéo pleine d’inspiration de JB Rives sur la puissance de l’échec.

Et pour vous, quelles sont les erreurs à éviter ? Quelles sont celles que vous avez faites et qui vous permettent aujourd’hui d’être « meilleur » ? Partagez via les commentaires ci-dessous. Au plaisir de vous lire et à bientôt !

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