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Pourquoi j’ai démissionné 2 fois en 6 mois

DémissionJe l’ai mentionné dans le premier article de ce site, j’ai démissionné 2 fois, et cela en l’espace de tout juste 6 mois. La 1ère fois en Septembre 2013, après 3 ans et demi passés au sein de la société m’ayant offert mon 1er contrat de travail. La 2nde en Mars 2014, après seulement 6 mois dans ma second start-up.

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous raconter pourquoi j’ai fait ce choix, 2 fois en si peu de temps. Pourquoi ça a été difficile, les 2 fois. Pourquoi il fallait absolument que je le fasse.

Enfin, pourquoi dans les 2 cas, ce fut un déclic pour moi et un tremplin pour mon futur.

Pour les plus pressés, voilà les points que je m’étais listés en préparant l’article. 7 choses qui m’ont poussé à prendre ces décisions et conforté dans l’idée que c’était les bonnes. Je les détaillerai ci-dessous, mais peut être que la lecture seule de leur intitulé vous suffit. Libre à vous de continuer, ou de sauter directement au point qui vous parle le plus :

  • J’avais atteint un plafond en terme d’évolution (financière, personnelle, en terme de responsabilité…)
  • Ma situation de salarié n’était pas rentable
  • Il n’y a pas de scalabilité possible en tant qu’employé
  • Ni de liberté géographique
  • La peur est un mauvais driver (peur du changement, peur de se faire mal voir…)
  • Le pire scénario n’arrive (presque) jamais, de même que le meilleur
  • La pression du résultat donne des ailes

1. J’avais atteint un plafond en terme d’évolution

Au moins pour la 1ère fois, ce fut LA raison principale de ma démission. Plafond en terme de responsabilités, plafond financier, plafond en terme d’enrichissement personnel. Quelle que soit votre situation, il existe de nombreuses raisons qui peuvent expliquer de se retrouver face à ce type de « murs » :

– Vous êtes trop jeune, trop âgé, pas assez diplômé pour prendre un poste plus avancé
– Votre société a décidé de geler les salaires (plus ou moins long terme)
– Vous ne vous entendez pas avec votre supérieur hiérarchique ou il ne vous fait pas confiance
– Vous avez perdu la motivation, l’envie d’en faire plus pour votre poste actuel
– Vous sentez que vous n’évoluez plus, n’apprenez plus rien, avez fait le tour

Ce type de situation doit être un déclic. Attention, dans certains cas, le déclic peut simplement être d’aller demander un changement de poste, une mutation, etc… Une nouvelle équipe, de nouvelles responsabilités dans un cadre légèrement différent peuvent vous relancer, même sans évolution financière par exemple.

Mais si aucune porte de sortie interne ne s’offre à vous, alors oui, il est temps de penser à partir. C’est ce que j’ai fait. Des solutions d’évolution s’offraient à moi en externe, je les ai saisies.

Pour ma 2nde démission, l’atteinte d’un plafond était moins flagrante, je débutais dans un domaine nouveau (le casino en ligne), et bien que les missions soient assez similaires, les opportunités de croissances étaient présentes, à moyen / long terme. D’autres raisons (voir plus bas) ont eu un impact plus pressant sur ma prise de décision.

2. Ma situation de salarié n’était pas rentable

Pas rentable vis à vis de quoi ? Pour clarifier il convient de rappeler que début 2013, j’ai décidé de lancer mes premiers sites de niche. Un projet à côté de mon travail quotidien, une occupation, une source d’apprentissage. Après quelques mois de travail régulier, les gains générés par ces sites (2 à l’époque) commencent à devenir intéressant, représentant l’équivalent de 50% de mon salaire en tant qu’employé.

Au moment de poser ma première démission, je gagne donc un salaire complet en bossant à plein temps + un demi salaire avec quelques heures de travail par semaine. La question de ma rentabilité horaire en tant que salarié commence à me trotter dans la tête.

Mais la peur de ne pas réussir me pousse à démissionner pour un poste dans une autre boîte plutôt que de me lancer dans l’aventure solo. Pour ne pas perdre trop la face (face à moi-même), je me promets de quitter mon prochain travail dès que j’arrive à générer un salaire complet.

On verra plus bas pourquoi cette peur n’était pas fondée et pourquoi cette promesse qui semble raisonnable à première vue a en fait ralenti ma croissance.

6 mois plus tard, mes gains « passifs » génèrent désormais l’équivalent d’un salaire complet. Je m’étais fait une promesse, il est temps de la tenir. La 2nde démission est plus « facile ». Et cette histoire de rentabilité horaire m’offre une belle confiance en moi.

Imaginez le choix :

  • Travailler 40h+ par semaine et gagner un salaire en fin de mois
  • Travailler 4h par semaine et gagner le même montant !

Si j’arrive à consacrer ne serais-ce que 50% du temps que je consacrais à mon travail, je devrais pouvoir augmenter mes gains. C’est là qu’entre en jeu la question de scalabilité.

3. Il n’y a pas de scalabilité possible en tant qu’employé

La scalabilité définit la possibilité de mettre à l’échelle. C’est à dire d’augmenter ses résultats par exemple via l’augmentation proportionnelle de ses efforts. Si certaines professions (trader, commercial) offrent parfois des plans de bonus intéressants à leurs meilleurs employés, il n’en demeure pas moins que cette croissance reste limitée.

Pourquoi ? Parce que vous ne disposez que de 24h par jour ! Imaginons que vous soyez payé(e) 10€ de l’heure et travailliez 40h par semaine. Vous pouvez donc gagner jusqu’à 1 600€ par mois (je n’entrerai pas dans les calculs de brut ou net pour rester simple).

Bien sûr vous pouvez faire des heures supplémentaires, travailler 50 ou 60 heures par semaines et aller chercher quelques centaines d’euros en plus. Mais êtes-vous prêt à sacrifier votre vie pour votre travail ?

Pour moi la réponse est non.

La notion de taux horaire limite votre potentiel de croissance. C’était le cas pour moi. Que je fasse 40h par semaine ou 50h ne changeait rien (heures supp’ non payées). Certes je bénéficiais de bonus sur résultat, mais à quel prix ? En parallèle, les quelques heures par semaines passées sur mes sites me permettaient de générer un salaire identique !

En doublant le temps passé sur ces sites (soit 8h par semaine), je pouvais espérer doubler mon salaire ! Impossible d’en dire autant en tant qu’employé… Il fallait que je démissionne.

A ce jour, je continue de travailler quelques heures par semaine, et non, je n’ai pas doublé mon salaire. Mais j’ai doublé le temps que je passe avec mes proches, à faire du sport, à voyager… Et les efforts que je mets dans mes projets permettent chaque mois de faire croître mes revenus, car eux, sont scalables.

4. Ni de liberté géographique

Vous êtes-vous déjà dit, un matin, en répondant à vos emails, que ce serait top si vous pouviez faire ça partout sauf à l’endroit où vous êtes en ce moment ? On s’imagine souvent à la plage. C’est vrai que c’est agréable. Mais il y a des dizaines d’endroits, de villes, de pays dans lesquels vous pourriez travailler … si vous n’étiez pas bloqué(e) par votre job actuel !

J’ai pris goût aux voyages après ma première expérience de 6 mois à Chypre en 2009. Avant ça, quelques voyages, mais aucune « expatriation » dépassant la semaine. Durant mes 3 premières années aux Philippines, je peux compter sur les doigts de la main les voyages effectués (et la plupart en France pour voir ma famille). F

rustrant quand on se situe dans l’un des plus beaux pays du monde et à moins de 2h de vol de tous les pays d’Asie du Sud-Est !

Démissionner, c’était aussi m’offrir cette liberté géographique que j’affectionne. La possibilité, via un business dématérialisé, de travailler où que je le souhaite. De chez moi, de chez mes parents, de chez des amis, et de n’importe quel pays dans le monde.

5. La peur est un mauvais driver (peur du changement, peur de se faire mal voir…)

Alors tout ça semble s’être fait à chaque fois assez « simplement » ou « logiquement ». Ce n’est pas tout à fait vrai. A chaque fois je me suis posé bien plus de questions que ne le laissent paraître ces 4 premiers points.

  • Est-ce que mes sites vont réellement me permettre de vivre ?
  • Que va-t-il arriver si je me plante ?
  • Que vont penser mes parents du fait que je quitte mon travail ?
  • Et mes collègues, responsables ? Vont-ils m’en vouloir ?
  • Est-ce que je suis vraiment capable de m’organiser pour m’auto-gérer ?
  • Est-ce que je ne vais pas me sentir seul sans une équipe autour de moi ?

La plupart de ces questions, de ces peurs sont d’ailleurs celles qui m’ont empêché de franchir le pas la 1ère fois. Oui j’ai démissionné, mais pour prendre tout de suite un nouveau boulot, que j’avais assuré avant même d’envoyer ma lettre. Prise de risque limitée, au moins financièrement.

La seule peur restante était la réaction de mes collègues et responsables. « Tu quittes le bateau !« , je l’ai entendu. Mais j’ai aussi eu, et en plus grand nombre, des encouragements, des félicitations. Et surtout, j’ai gardé contact avec quasiment tous mes anciens collègues. Un changement de boulot ne signifiait pas la fin des relations créées. Juste une évolution.

La seconde fois, la peur des réactions était quasi inexistante. En 6 mois on ne créé pas les mêmes relations qu’en 3 ans et demi. Ce sont au final mes anciens collègues, en apprenant ma 2nde démission, qui une fois encore furent les premiers à me féliciter, avec un degré encore supplémentaire vis à vis du choix de me lancer dans ma propre aventure cette fois-ci. « T’as des balls ! » est probablement la phrase que j’ai le plus entendue durant cette période !

Par contre, toutes les peurs liées à mes chances de réussite ont vite refait surface. Là en effet, je prenais un risque bien plus élevé ! Oui, j’avais déjà l’équivalent d’un salaire qui tombait chaque mois avec quelques heures de boulot par semaine, mais est-ce que ça allait durer ? Et allais-je arriver à faire croître ça ? Tout seul ? Et si ça foirait, qu’allait-il arriver ?

Au final, toutes ces peurs ne font que vous ralentir, elles sont liées à la peur du pire. J’ai démissionné. Je me suis lancé. Et il ne s’est rien passé de grave. Pourquoi ? Parce que les pires scénarios qu’on se met dans la tête n’arrivent jamais ou presque. De même que les meilleurs !

6. Le pire scénario n’arrive (presque) jamais, de même que le meilleur

Que va-t-il se passer si ….. (complétez le vide) ?

C’est un réflexe humain, quand on se projette, on a souvent tendance à imaginer le pire scénario possible. Inconsciemment. Et souvent, cela nous empêche d’avancer. Exemple classique, vous n’osez pas aborder un(e) inconnu(e) dans la rue. Vous vous dites qu’il ou elle va mal le prendre, vous prendre pour un boulet, vous humilier devant tout le monde, se sauver en courant… Ok, ça peut arriver.

Mais sérieusement, combien de fois dans votre vie avez-vous abordé quelqu’un qui vous a immédiatement giflé ? Dans 99,99% des cas, vous aurez soit un OUI, soit un NON (ou une réponse s’y apparentant). C’est si effrayant que ça un « non » ?

Alors acceptez le pire scénario. Il est possible que vous n’obteniez pas ce que vous voulez de la personne que vous abordez. Mais il est peu probable que cela se passe de façon aussi catastrophique que vous l’imaginez…

C’est pareil quand on prend une décision telle que démissionner. Mon pire scénario était le suivant : je quitte mon travail, je perds contact avec mes collègues, me retrouve tout seul à bosser de chez moi, Google plante mes sites sous 30 jours, je me retrouve sans revenu fixe, je suis obliger de rentrer en France vivre chez mes parents car je ne peux plus payer mon loyer à Manille.

Mais je l’ai accepté. Et il ne s’est pas produit. De même que le meilleur qui aurait pu être qu’en bossant quelques heures de plus par semaine j’allais doubler tous mes revenus. En réalité, il s’est produit quelque chose de beaucoup moins sci-fi. Je me suis organisé pour garder contact avec mes anciens collègues, je me suis mis au boulot, mes revenus se sont stabilisés, puis ont commencé à croître doucement, mais sûrement.

7. La pression du résultat donne des ailes

C’est un paradoxe bien connu. Vous recevez un projet 2 semaines en avance, et impossible de vous mettre au boulot. La deadline approche, et c’est finalement dans les 24 dernières heures que vous vous lancez. Vous bossez non stop, buvez un max de café, et finissez par rendre votre dossier à temps. Et souvent, il n’est pas si mauvais que ça !

Certaines personnes ne peuvent que travailler comme ça. Elles ont besoin de l’adrénaline provoquée par l’urgence, la pression du résultat. La pression les sublime, catalyse leur énergie, les aide à éliminer toutes les choses inutiles, les rend plus créatifs pour atteindre leur objectif dans les temps, plus combatifs.

Croyez-moi, il n’y a pas besoin de chercher loin la motivation quand on décide de quitter son boulot. La peur de se louper, la pression qui s’abat sur vous au moment où vous vous retrouvez face à vous même est un excellent facteur de motivation. Tout d’un coup vous avez une vision plus claire de vos priorités, de ce qu’il va falloir achever pour aller constituer ou consolider ce salaire en fin de mois.

Et c’est parce que je sais que je travaille mieux sous pression que j’ai aussi réalisé que si mon pire scénario arrivait, cela ne serait qu’une source de motivation supplémentaire pour m’en sortir. Et avant ça, j’allais tout mettre en oeuvre pour éviter que celui-ci n’ait la moindre chance de se concrétiser.

Avez-vous des envies de changement ? De bonnes raisons de démissionner, mais des peurs qui vous empêchent d’agir ? Partagez-les en commentaire ci-dessous. A très vite.

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